Comment est née cette idée d'un album de reprises des années 60 ?


J'avais envie de chanter rapidement, mais pour une interprète, le processus de recherche de chansons prend un temps fou. Comme j'avais fait une longue parenthèse depuis mon dernier album "Sylvie" et mon spectacle au Palais des Congrès de 2004, je ne me sentais pas de faire tout un travail de recherche qui m'aurait pris encore au moins une année. Trouver de bons textes est assez simple, mais les musiques, c'est une autre histoire... Il se trouve que j'aime aussi beaucoup chanter les chansons des autres. Je l'avais déjà fait pour mon spectacle "Tour de siècle" en 1999, pour lequel j'avais repris des chansons anciennes. A l'époque déjà, j'avais pensé en faire un disque. Mais cette idée n'a pas retenu l'attention de ma maison de disques. Patrick Bruel l'a fait peu de temps après et il en a vendu plus d'un million ! (rires). Je n'ai pas manqué de leur faire remarquer que ce n'était pas une mauvaise idée que cela ! Là, l'idée d'enregistrer des reprises des années 60 leur a paru peut-être plus légitime par rapport à mon histoire.

 

   

De nombreux artistes ont dernièrement enregistré des albums de reprises avec plus au moins de succès d'ailleurs : Comment expliquez-vous cette mode qui perdure ?


Le public éprouve un grand besoin de mélodies fortes, dont ils ont sevrés depuis des années maintenant, et qui peut-être manquent aujourd'hui dans la production actuelle.

 

   

Ce phénomène cyclique n'était-il pas un contre-argument à vos yeux, vous qui n'avez justement jamais suivi les modes ?


C'est vrai. Je me suis toujours laissée guider par ce qui me plaisait sur l'instant, à l'instinct. Au cas particulier, le phénomène de mode n'a pas du tout joué. j'aurais enregistré cet album, quoi qu'il en soit.

 

   

Comment réagissez-vous quand d'autres artistes vous reprennent, comme Depardieu par exemple, avec "Comme un garçon" dans le film "Quand j'étais chanteur" ?


Ca me fait évidemment plaisir, mais c'est difficile de porter un jugement : quand on fait une reprise, on s'approprie une chanson, pour lui donner une autre couleur, avec son timbre de voix propre, sa sensibilité et des arrangements différents. On se sent comme dépossédé de sa propre chanson.

 

   

On a le sentiment aussi, que dans un contexte de crise du disque, sortir un album de nouvelles chansons ne suffit plus, qu'il faut proposer un concept....


C'est peut-être la vision des maisons de disques actuellement, mais je reste convaincue que lorsqu'on a la chance de tomber sur une bonne chanson, basée sur une bonne mélodie, on a toutes les chances de faire un succès. Donc, j'aurais très bien pu sortir un album plus classique de chansons originales si j'avais disposé du matériel adéquat.

 

   

Vous aviez notamment annoncé l'idée d'un album "Dance" qu'en est-il , Aviez-vous des pistes à ce sujet ?


Oui, parce que j'ai toujours eu une attirance pour les chansons rythmées. Mais quand j'ai commencé à écouter des chansons Dance, j'ai réalisé qu'elles se ressemblaient souvent. Ca devient vite répétitif et ennuyeux. Ca manque de personnalité, quelque que soit le producteur. Je suis avant tout une interprète, et les chansons au rythme mécanique et linéaire ne me conviennent pas mais j'ai rapidement du changer de cap en avançant dans la démarche.

 

   

Où la photo de pochette a-t'-elle été prise ?


Frédérique Veysset m'a photographiée dans un diner's désaffecté, à l'extérieur de Los Angeles.

 

   

Comment s'est faite la sélection des titres ?


C'est moi qui a fait la première sélection des chansons. Beaucoup d'entre elles étaient d'ailleurs des chansons que j'avais repérées au moment de la sortie de "Ya Ya twist", "Je m'en vais" ou "Nouvelle Vague".... Cette dernière est même la première que j'ai adorée, alors que j'étais au lycée. Sans compter toutes les chansons de Françoise que j'ai toujours admirée....

 

   

J'imagine que le choix a du être d'autant plus difficile que vous avez été vous-même au coeur de ce mouvement....


C'est vrai que la difficulté a été de trouver de bonnes chansons, alors que j'en avais chantées ou reprises moi-même déjà pas mal. Il y avait aussi un impératif qui ne paraissent pas désuètes ou ridicules aujourd'hui, parce qu'elles étaient essentiellement chantées par des adolescents à l'époque, et que les textes étaient souvent très... légers !

 

   

On se rend compte qu'ils ne l'étaient pas tant que ça, quand on l'écoute "Chante" de Ronnie Bird !


C'est vrai. Et puis des chansons nulles, il y' en a eu à toutes les époques. Encore aujourd'hui , on ne manque pas d'exemples (rires) ! "Chante" est une des chansons qui m'ont été proposées par la maison de disques. J'ai eu envie de la faire redécouvrir, pensant que très peu de gens la connaissent : moi-même, je la découvrais. En plus, on dirait vraiment une chansons actuelle. Elle est très curieuse, très différente de ce qui se faisait à l'époque. Les paroles très contestataires, auraient pu être d'Antoine (rires). Je me suis vraiment beaucoup amusée à la faire !

 

   

Partagez-vous comme Françoise l'idée que les chansons de l'époque étaient considérait comme "légères", et qu'il ne se passait une semaine sans qu'on découvre un chef-d'oeuvre à la radio ?


C'est vrai que la production de ces années était incroyable : Il y avait un nombre inversé de grands compositeurs et de producteurs géniaux.

 

   

Vous semblez avoir volontairement écarté la chanson estampillée "Rive gauche" de l'époque, ou en tout cas, vous être concentrée sur le répertoire des yéyés et des artistes populaires...


Oui, je ne voulais pas trop me disperser. Sinon, on tombait dans les grandes chansons qui ont aussi leur intérêt, mais qui auraient mérité un album à elles seules.

 

   

Vous sentiez-vous ignorée ou méprisée par cette France intello de la chanson française ?


Certains artistes l'étaient sans doute, mais je pense que les plus grands comme Aznavour, Bécaud ou Brassens ne se sentaient absolument pas menacés par notre génération, et étaient même plutôt bienveillants à notre égard. Ceux qui se répandaient en critiques me paraissaient, déjà à l'époque, totalement ridicules. L'importance qu'on donnait au phénomène des yéyés, me semblait disproportionnée. Ca me faisait plutôt rire qu'autre chose.

 

   

En revanche, on découvre une chanteuse folk chantant ("Dans le souffle du vent") adapté en Français par Hugues Aufray) et Léonard Cohen ("Suzanne") adapté en français par Graeme Allright et chanté par Françoise Hardy).... Regrettez-vous de ne pas avoir davantage creusé cette veine très en vogue actuellement ?


C'est vrai que c'est un registre nouveau pour moi, alors que dans les années 70, par exemple, j'ai beaucoup chanté de Country, un style qu'ici, on n'a pourtant jamais vraiment apprécié. Le Folk me plaisait moins, parce que ce que je recherchais avant tout, c'était un rythme. Avec le recul, c'est un style qui me plaît beaucoup aujourd'hui "Suzanne" est même la reprise préférée de mon mari.

 

   

De même, les arrangements sont restés assez fidèles au son de l'époque : Comment avez-vous finalisé la couleur de l'album ? Avez-vous rencontré des réalisateurs plus ou moins avant-gardistes ?


Non, quand ce projet s'est décidé, on a immédiatement pensé à Philippe Rault, que je connais depuis pas mal de temps, parce qu'il a fait partie de mes séances passées. Il connaît très bien la musique et vit aux Etats-Unis depuis 40 ans. Il a fait de nombreuses réalisations, et connaît les meilleurs musiciens dans tous les genres. Il organise beaucoup de séances lorsque des Français viennent y travailler. Il a trouvé l'arrangeur John Philip Shenale qui a enregistré quelques bases apr!s avoir pris les tonalités des chansons. Ensuite, j'ai fait une pré-production pour m'adapter aux tempos, sur des bases électroniques. Je suis revenue en France, et pendant ce temps, sur ma voix existante, ils ont habillé les chansons d'arrangements avec des musiciens Live. A mon retour, j'ai pu réenregistrer les voix définitives sur les vraies rythmiques, et ce n'est qu'ensuite qu'ont été réputés les violons. Ce fût vraiment un habillage sur mesure pour chacune des chansons. Tous deux sont des arrangeurs très respectueux à rendre les chansons différentes, mais sans les dénaturer.

 

   

Arrivez-vous à dissocier les chansons de la sympathie que vous pouvez avoir pour leurs interprètes originaux, que vous avez côtoyés de près ?


Oui, ça ne me pose aucun problème. Seule compte la qualité de la chanson.

 

   

Avez-vous contacté certains créateurs avant d'enregistrer ?


Il n'ya que Françoise que j'ai informée de mon projet. Je lui ai envoyé le disque hier, et j'attends impatiemment son commentaire, qui sera d'ailleurs peut-être cinglant. Quand je lui ai annoncé que je reprenais "Le temps de l'amour", elle m'a répondu, j'espère qu'elle sera mieux que ma version, que je détestais !". Avec elle, on ne sait jamais à quoi s'attendre (Rires) !

 

   

L'album porte le nom d'un chanson de Richard Anthony "Nouvelle vague", dont vous reprenez aussi "Je m'en vais" : faisait-t-il partie de vos proches à l'époque ?


Oui, j'ai fait des tournées avec lui, notamment "La tournée des idoles" avec aussi Claude François. En y réfléchissant, j'ai réalisé qu'il avait chanté un nombre incroyable de tubes énormes. J'en avais sélectionné beaucoup plus que ces deux-là, mais ma maison de disques a du me freiner, en me disant : "tu ne vas quand même pas faire un album entier de reprises de Richard Anthony" ! C'était des chansons que j'adorais, et dont les paroles tiennent toujours la route aujourd'hui. Je regrette encore de ne pas en avoir fait davantage : je n'aurais pas du me laisser influencer. Je voulais notamment reprendre "A présent, tu peux t'en aller".

 

   

Et Claude François dont vous reprenez "J'attendrai" ? J'imagine que vous lui avez envié cette chanson des four tops à l'époque !


On se voyait régulièrement. J'avais d'autant plus aimé cette chanson à sa sortie, qu'elle était dans la même veine Tania Mottown que les chansons que je chantais comme "Moi, je danse", "Je n'ai pas pu résister" ou "Garde-moi dans ta poche", que j'adorais.

 

   

Je crois savoir que avez enregistré "Bang bang" de Sheila et "Holidays" de Polnareff : Pourquoi sont-elles passées à la trappe ?


"Holidays" n'a pas été retenue parce qu'entre-temps, Michel avait fait son grand come-back à Paris. La reprise présentait moins d'intérêt, puisque la chanson était redevenue d'actualité. En plus, je l'avais déjà enregistré dans les années 70 pour le marché japonais. J'ai ensuite essayé de faire d'autres reprises des années 60 de Polnareff comme "Love me Please love me" mais elle ne m'emballait pas : ça sonnait pas juste. Il a tellement imprimé sa couleur à ses chansons, qu'ils est difficile de sortir de sa façon à lui emprunter : toutes les autres, comme "Ame caline", sont très typées. Celles des années 70, redeviennent plus chantables, comme "On ira tous au paradis" mais l'idée était de se cantonner à la décennie 60's. Quant à "Bang Bang", je l'ai enregistrée, car c'est une chanson que j'adorais. Mais au final, le résultat m'a semblé ennuyeux. L'arrangement tzigane n'apportait rien d'intéressant et de ne me plaisait pas.

 

   

Alors que l'on célèbre les 20 ans de sa mort de sa disparition, avez-vous pensé à reprendre Dalida ?


Oui, j'ai enregistré "Que sont devenues les fleurs". C'est une chanson très triste, qui n'était pas exactement dans le registre de l'album mais elle sortira peut-être plus tard, en bonus sur un pressage ultérieur.

 

   

Quelle image en gardez-vous ?


Je garde avant tout le souvenir de la femme, que je trouvais très touchante et extrêmement gentille. C'était une personne entière et naturelle. Cela devait être suffisamment rare autour de moi pour que ça me marque à ce point, encore aujourd'hui.

 

   

Y'a t-il d'autres titres que vous regrettez d'avoir abandonnés par manque de place ? J'ai entendu parler d'une chanson d'Adriano Celentano.


Oui, c'est "Pregero", qui n'était pas prête pour la sortie du disque, et sera aussi un bonus possible.

 

   

Etes-vous allée applaudir Polnareff à Bercy ? Que vous inspire son retour incroyable ?


J'ai trouvé son spectacle formidable. Comme tous les gens présents dans la salle, j'étais très heureuse de retrouver toutes ces chansons qui n'ont pas pris une ride. Lui-même a aussi gardé une énergie impressionnante.

 

   

Vous reprenez les Stones ("Ruby tuesday") et aussi les Beatles ("Drive my car"). A l'époque, de quel côté étiez-vous ?


C'était à égalité. J'aimais beaucoup les chansons des Beatles mais je préférais l'allure des Stones qui avaient un côté "bad boys" qui me plaisait beaucoup (Rires) !

 

   

Quel souvenir gardez-vous de votre rencontre avec les Beatles à l'Olympia en 1964 ?


C'est fou comme cette rencontre a été mythifiée depuis, alors que tout cela était tr!s naturel à l'époque : nous ne faisons que chanter à l'Olympia au même programme que Tini Lopez. Nous sommes allés ensemble à quelques soirées, notamment chez Jean-Pierre Bloch, mais sur le moment, ça n'avait rien d'extraordinaire. Nous faisons le même métier et chantions dans le même spectacle. Je me rappelle qu'ont était harcelés par les photographes qui voulaient nous faie faire des photos ensemble. C'est pourquoi il en existe autant, et aussi pourquoi j'ai l'air un peu fatiguée et lasse sur ces images.

 

   

Craquante comme vous étiez, ils ont du gentiment vous draguer...


Honnêtement, je ne me rappelle pas. Paul, peut-être.... mais je n'étais pas du tout branchée sur ce sujet : mon esprit était très absorbé par quelqu'un d'autre (rires) !

 

   

Quid des Stones ? Les avez-vous rencontrés ?


Mick Jagger est venu me voir dans ma loge après un de mes spectacles au Palais des Congrès en 1977, mais je ne le connais pas personnellement (n.d.l.r : il existe aussi des photos Jagger avec Sylvie, Johnny et Richard Anthony, après l'Olympia des Stones en 1967).

 

   

Pourquoi avoir repris "Dream a little dream of me" dans sa version française de Enzo Enzo qui fait un peu figure d'anachronisme au final ?


Oui, c'est vrai, et d'ailleurs l'original date des années 40. J'aimais beaucoup la version des années 60 de Mama Cas, et je savais qu'existait cette jolie version française dont le texte tient la route. Je ne me suis pas davantage posé de questions. J'ai aussi enregistré "Nostalgia", la version italienne, pour mon plaisir, mais je l'avais déjà chantée en 1969.

 

   

Vous reprenez "Souvenirs, souvenirs", déjà chanté à l'Olympia en 1999 ; Pourquoi cet attachement à ce titre, alors que le répertoire de Johnny regorge de chansons mythiques ?


C'est vrai que j'en avais déjà chanté une version lente à l'Olympia, mais à bien y regarder, il n'y a pas tant de chansons de Johnny des années 60 qui soient aussi fortes et qui soient de surcroît chantables par une fille. Sinon, j'aurais pu faire "L'idole des jeunes". J'ai aussi pensé à "Retiens la nuit" à un moment donné.

 

   

Comment est venue l'idée d'en faire une version Gospel ?


C'est l'arrangeur, qui autour d'un piano voix, a organisé ces arrangements. Je trouve qu'en version lente, cette chanson prend une toute autre dimension, plus profonde.

 

   

Ce qui est frappant sur cet album, c'est cette impression que les voix ont été enregistrées en prise directe....


Oui, je trouve aussi. J'ai enregistré toutes les voix en douze jours. Peut-être avais-je tellement intégré ces chansons dans mon esprit que les choses se sont faites facilement. Pour "Suzanne" par exemple, j'ai fait une première prise. Deux jours après, j'ai essayé de la refaire différemment, mais la magie s'était envolée : la première était la bonne, beaucoup plus authentique. De même pour : "Il est 5 heures, Paris s'éveille", "le temps de l'amour", "attends ou va-t'-en", "les yeux ouverts", et "chante" : je n'ai fait qu'une seule prise. Les prises suivantes sont avérées moins bonnes. J'ai du davantage travailler les autres titres en revanche.

 

   

Avec "Attends ou va t'-en", c'est seulement la deuxième fois que vous chantez du Gainsbourg. L'idée qu'il écrive pour vous comme Françoise ou France, s'est-elle présentée ?


Non, pas à ma connaissance, ou alors elle a été occultée par les gens qui s'occupaient de moi, ce qui est fort possible aussi. J'étais rarement à Paris et beaucoup de propositions m'échappaient. En tout cas, je garde un formidable souvenir du trio que nous avions chanté avec Serge et Jane Birkin pour un show des Carpentier : "Les filles n'ont aucun dégoût". Il était décapant : dès qu'il était quelque part, il occupait l'espace. Il avait une telle personnalité !

 

   

Vous vous êtes récemment retrouvées avec Sheila et Françoise, devant l'objectif de Jean-Marie Perier : Avez-vous facilement accepté l'idée de ces retrouvailles un peu "arrangées" ?


Je ne me suis pas posé la question sous cet angle. Jean-Marie faisait la photo, et Françoise et Sheila étaient d'accord. J'ai suivi. Je connaissais bien Gilles Medioni, journaliste de l'Express avec lequel j'avais pas mal d'interviews et dont c'était l'idée de départ, que je trouvais sympathique. On a beaucoup rigolé, parce que l'idée de passer toutes les trois dans ce grand lit était la mienne. Françoise n'était pas encore arrivée quand je l'ai soumise à Jean-Marie. Il m'a répondu : "Oh la la la, tu vas voir la réaction de la grande !". On attendait tous avec impatience son arrivée et ça n'a pas loupé. Elle n'avait pas posé son manteau qu'elle lui a répondu : "Mais tu es complètement fou, Jean-Marie ! Tu veux définitivement nous ridiculiser, ou quoi ?" Françoise me fait toujours beaucoup rire !

 

   

Cette séance vous-a-t'elle donné envie de vous revoir plus souvent, en privé ?


Mais on ne s'est jamais perdue de vue, en tout cas, avec Françoise que je vois très régulièrement, alors que je connais moins Sheila. On a gardé une amitié et une proximité depuis toujours. On a beaucoup de points communs ; on apprécie les mêmes choses. J'aime beaucoup son côté franc et direct. Elle est d'un naturel décapant !

 

   

D'un show TV peut-être ?


Peut-être : ça prendrait moins de temps à monter....

 

   

Comment expliquez-vous l'incroyable succès de la tournée "Age tendre et tête de bois" ?


Ca relève du même phénomène : les gens ont besoins de retrouver leur repères, et entre autres, des chansons et des mélodies très fortes qui ont marqué leur jeunesse... Je suis très heureuse de ce succès pour les artistes qui y participent, d'autant que ce n'était pas gagné d'avance.

 

   

Après le succès en librairie de votre autobiographie, un nouveau livre devrait également sortir à la rentrée chez X.O ; de quoi sera-t-il fait ?


Il devrait s'appeler : "Sylvie, dans la lumière". On y retrouvera l'inventaire de tous mes spectacles depuis mes débuts, y compris à l'Etranger, avec des informations très détaillées comprenant l'affiche, la fiche technique, la liste des musiciens, des choristes, les chansons des spectacles, des anecdotes.. etc. Et bien sûr, il sera illustré de photos de ces spectacles, et accompagné d'interviews des participants. Le fil conducteur en sera un récit de mes souvenirs autour de ces spectacles. C'est un concept très amusant, et je crois que c'est la première fois qu'un ouvrage de cette forme est consacré à un artiste. Ca m'a beaucoup plu d'y travailler, parce que je suis très attachée à mes spectacles qui ont toujours été comme des enfants pour moi.

 

   

Après ce succès au musée Gallieria, l'exposition de vos robes va-t'-elle voyager ?


Il en a été question : je n'ai pas de nouvelles de la production du Musée Galliera. Il faudrait pour que je pousse en ce sens et ce n'est pas dans ma nature. Il faut que les choses me soient proposées pour que je suive. Tout cela prend du temps, et il faut bien que je vive aussi (rires).

 

   

Beaucoup d'artistes se sont engagés politiquement lors de la dernière campagne présidentielle ; l'auriez-vous fait également si vous étiez en France à cette époque ?


En principe, je trouve que c'est assez personnel. Mais tout dépend des cas de figure, des enjeux, du contexte, de l'ambiance pendant la campagne. Et je dois reconnaître que cette élection a suscité beaucoup de passion (rires) ! Une chose est sûre : je n'aime pas ce discours qui consiste à diviser entre la gauche et la droite. Qu'est-ce que ça signifie, être de gauche et de droite ? Il y' a des gens admirables à droite comme de gauche. Les clichés qui consistent à considérer que ça fait chic d'être de gauche, ou encore que c'est être fasciste que d'être de droite, sont des propos complètement réducteurs à mes yeux. Je suis née et j'ai vécu dans un pays communiste-socialiste, et je sais que ça veux dire de penser comme cela. Ce sont des choses entièrement vives, qui ont laissé des marques. Je connais les dangers des discours. J'ai mes propres opinions : je suis pour la liberté de penser et de respect de l'autre. Or dans la société actuelle, on ne respecte plus rien. C'est très important et urgent de rétablir un certain respect des choses et des gens.

 

   

Vous continuez de lutter pour la libération des infirmières Bulgares accusées d'avoir volontairement inoculé le virus du sida à des enfants, alors que tout porte à démontrer leur innocence. Comment expliquez-vous que la situation évolue si lentement ? Quels espoirs sont encore permis alors que la Libye vient de condamner les propos de Nicolas Sarkozy ?


(surprise) Ah bon ? Je suis arrivée à Paris avant-hier, et je l'apprends. C'est terrible.... C'est vrai qu'à deux reprises, il a pris position en leur faveur. Les parents des enfants victimes ont été convaincus depuis 10 ans que ces femmes-là sont empoisonneuses. Maintenant, c'est très difficile pour les autorités libyens malades ont été soignées en France, ce qui a coûté beaucoup d'argent. Mais on a l'impression que ça n'a pas suffi, que rien n'y fait. Malheureusement, je pense que seules des sanctions économiques pourraient influer sur leur libération. Le sujet va être évoqué lors d'un conseil européen, mais on est face à un chantage terrible. C'en est désespérant.

 

   

Terminons sur une note plus légère. Vous avez dernièrement rencontré la star montante, Mika, à Los Angeles ; Dans quelles circonstances ?


Par l'intermédiaire de mon ami Camilio Daccache. Il m'a envoyé son album, alors que Mika était encore méconnu. Je l'ai trouvé formidable et ma fille Darina a aussi littéralement craqué. Elle était comme possédée, au point de l'écouter en boucle. Effectivement, sa musique est très dansante, très fraîche... Après l'avoir vu en concert à Londres, Camilio est venu à Los Angeles, où il m'a emmenée à voir au Troubadour. Aux Etats-Unis, il ne connaît pas encore le même succès qu'en France et en Angleterre : les choses s'installent plus lentement. Il doit prochainement au Japon : Il va faire un malheur ! Je lui ai prédit que les Japonaises allaient en être folles. Quand elles vont voir ce beau garçon et entendre ses chansons, avec sa voix androgyne très particulière, elles vont être littéraleement hystériques : c'est évident (rires) !

   

Platine N°142 Juin-Juillet 2007.

 

Propos recueillis le 15 mai 2007.

 

 

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